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Loup Durand, écrivain prolifique

 Je voulais vous parler d’un auteur méconnu, Loup Durand, qui fut très certainement un écrivain majeur du XXème siècle. Un écrivain au succès colossal, sous son nom, mais également en tant que nègre ou collaborateur.

Une situation dont il semblait fort bien s’accommoder.

 

Loup Durand, écrivain prolifique dans Critique littéraireLoup Durand (18/09/33 – 18/04/95) fut tout d’abord et essentiellement un reporter. Bourlingueur de première, il fut, si l’on en croit sa légende, mais faut-il la croire, docker, postier, j’en passe et des plus originaux.

Il débute sa carrière littéraire en 1967 avec La porte d’or, Prix du quai des orfèvres mais ne se tourne véritablement  vers l’écriture et la littérature qu’à partir de 1976 soit à 43 ans. A cet âge, comme il le dit lui même, son envie d’écrire est « proprement féroce ». L’envie de rattraper le temps perdu. En 1976 il publie Le caïd, son Parrain, et Un amour d’araignée qui lui vaut le prix du roman d’aventures. Véritable forçat de l’écriture, il signe 9 romans de science-fiction de la série TNT en 2 ans, sous la direction de Pierre Rey et se lâche totalement. Ce dernier fut-il son ami ? On peut le penser.

S’il publie quelques livres au début des années 80, il est surtout présenté en 1987 comme le nègre de Paul-Loup Sulitzer. Il se défendra toujours de ces accusations, peu importe la vérité à vrai dire. S’il est sûr que Paul-Loup Sulitzer et Loup Durand travaillèrent ensemble, les modalités de cette alliance n’appartiennent qu’à eux et ceux-ci étaient authentiquement liés par une solide amitié.

C’est surtout en 1987 que Loup Durand publie ce qui sera son chef d’oeuvre : Daddy. Une course-poursuite entre un jeune garçon surdoué de 7 ans détenteur d’un formidable secret et un philosophe nazi.  Un jeu d’échec machiavélique et dangereux dans lequel s’affrontent l’innocence et la barbarie. Le livre aura un colossal succès avant d’être finalement adapté en téléfilm en 2003.

Il publie ensuite Le jaguar en 1989 puis Le grand silence en 1994, un an avant de s’éteindre.

Loup Durand fut également scénariste de bandes-dessinées avec Le Maltais, TNT, Daddy, et de longs métrages dont « Dancing Machine » , pour Alain Delon, co-écrit en particulier avec le musicien Ceronne et Paul-Loup Sulitzer !

Loup Durand avait un goût prononcé pour les personnages forts. Ses héros sont souvent seuls mais dotés de ressources inépuisables. Il avait également un goût prononcé pour l’histoire et un sens du rythme affuté quoique parfois un peu lent. Son style, privilégiant l’histoire et le scénario, était néanmoins marqué par la place accordée aux descriptions et plus encore aux sentiments des protagonistes.

Il reste, compte tenu de ses diverses et nombreuses collaborations, un des auteurs les plus prolifiques du XXème siècle. 

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25 avril, 2011 à 17:30


3 Commentaires pour “Loup Durand, écrivain prolifique”


  1. Piters Frédéric écrit:

    Il n’est pas sûr que, malgré mon admiration (et je dirais même mon affection du « personnage » Loup Durand) il ait été un des auteurs majeurs du XXeme siècle… Ce qui est certain c’est que contrairement à l’analyse précédente, je dois à Loup Durand une conviction particulière :son « style » (même si le terme me parait impropre, il s’agit plutôt d’une « manière »)ne doit rien (ou plus exactement se sert de) l’Histoire à fortiori des descriptions (il n’est pa

  2. Piters Frédéric écrit:

    s… désolé, fausse manip’) Stendhal… Il est tout entier dans cette formule que j’ai trouvé en pensant à lui: « il n’y a pas d’histoire(s), il n’y a que des personnages ».
    Thomas (Daddy) et son double adulte (Klimrod, Le Roi Vert « de » Sulitzer)sont les personnages les plus obsédants de la littérature française du dernier tiers du XXeme siècle. Quiconque les a « connu » ne pourra jamais les oublier.

  3. yb écrit:

    Je vous remercie pour votre commentaire.

    En effet, si parler de style est peut être impropre, il y a très certainement une « patte » Loup Durand, une façon de faire et de mettre en valeur ses personnages. Une recette qu’il applique d’ailleurs dans nombre de ses romans.

    Effectivement, Daddy et Le roi vert de Sulitzer me semblent les plus marquants.

    Il est un peu triste que Loup Durand n’ait rencontré qu’un certain mépris et soit un peu oublié, car il aura été un superbe artisan, comme il le disait lui-même : « certains font des meubles, moi je fais des livres ».


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